1. Les principaux types d’humidité dans un bâtiment
1.1 Remontées capillaires
L’eau du sol remonte dans les murs par capillarité (briques, pierres, blocs béton poreux) lorsqu’il n’y a pas ou plus de coupure de capillarité (membrane, arase étanche).
- Traces d’humidité partant du bas du mur vers 0,80–1,20 m.
- Plinthes gondolées, enduits qui se désagrègent.
- Salpêtre (dépôts blanchâtres) en surface.
1.2 Infiltrations d’eau
L’eau pénètre par l’extérieur en raison d’un défaut de toiture, façade ou menuiseries : tuiles cassées, joints fissurés, ravalement dégradé, maçonnerie fissurée…
- Apparition de taches localisées après la pluie.
- Humidité à proximité d’une fissure ou d’une jonction (cheminée, appui de fenêtre…).
- Bois de charpente ou solivage qui noircit.
1.3 Condensation et manque de ventilation
L’humidité produite à l’intérieur (douche, cuisine, respiration, linge qui sèche) se condense sur les parois froides si la ventilation est insuffisante.
- Buée récurrente sur les vitrages.
- Moisissures en plafond de salle de bain, autour des fenêtres.
- Odeur de renfermé dans les pièces peu aérées.
1.4 Dégâts des eaux et fuites
Fuite sur une canalisation, évacuation bouchée, joint de douche défaillant… L’eau s’infiltre alors depuis le réseau intérieur.
- Taches localisées en plafond ou dans une cloison.
- Humidité qui apparaît rapidement après utilisation d’un sanitaire.
- Consommation d’eau anormale sur le compteur.
2. Signes d’humidité qui doivent alerter
Signes visuels
- Taches foncées ou auréoles sur murs, plafonds, angles de pièces.
- Peinture qui cloque, papier peint qui se décolle.
- Bois qui gonfle (portes, plinthes, parquets).
- Moisissures noirâtres ou verdâtres.
Signes « ressentis »
- Odeur de moisi persistante, même après aération.
- Sensation de froid et de parois « mouillées ».
- Linge qui sèche très lentement à l’intérieur.
Astuce : un hygromètre intérieur (10–20 €) permet de mesurer l’humidité. Une valeur autour de 45–60 % est généralement confortable.
3. Risques pour le bâtiment et pour la santé
3.1 Pour la construction
- Dégradation des enduits, joints de maçonnerie, briques ou blocs.
- Corrosion des armatures et fers à béton à long terme.
- Affaiblissement de certains murs porteurs en cas de remontées capillaires importantes.
- Gel/dégel des matériaux gorgés d’eau, entraînant éclats et fissures.
3.2 Pour les occupants
- Air plus froid, difficulté à chauffer le logement (surconsommation).
- Irritation des voies respiratoires, allergies, asthme aggravé.
- Inconfort général (odeurs, sensation de « cave »).
Dès que des moisissures apparaissent dans les pièces de vie (chambre, séjour), il est conseillé de réagir rapidement.
4. Comment diagnostiquer une humidité ?
4.1 Ce que vous pouvez vérifier vous-même
- Localiser précisément les taches (bas du mur, plafond, angle, autour des fenêtres…).
- Observer si le problème apparaît surtout après pluie, en hiver ou toute l’année.
- Contrôler la présence et le fonctionnement de la VMC (bouches propres et aspirantes).
- Vérifier les joints de douche, baignoire, robinetteries.
- Sur maison ancienne : regarder si une arase étanche ou un ancien soubassement existe.
4.2 Quand faire appel à un professionnel ?
- Humidité persistante malgré une bonne aération et une VMC fonctionnelle.
- Traces qui progressent en hauteur dans les murs (suspicion de remontées capillaires).
- Présence de fissures structurelles ou de décollement important des enduits.
- Doute sur l’état de la toiture, des solins ou de la façade.
Un professionnel du bâtiment pourra réaliser une visite sur place, repérer les points d’entrée de l’eau, vérifier la structure et proposer un traitement adapté.
5. Traitements et solutions possibles
5.1 Remontées capillaires
- Création ou reprise d’une coupure de capillarité (arase étanche, membrane, résine, etc.).
- Réfection des enduits dégradés avec matériaux adaptés (enduits perspirants, par exemple).
- Drainage périphérique du bâtiment si les sols sont très humides (à étudier au cas par cas).
5.2 Infiltrations par toiture et façades
- Réparation ou remplacement des éléments de couverture (tuiles, ardoises, noues…).
- Reprise des solins, abergements de cheminées et points singuliers.
- Reprise de maçonnerie fissurée, joints de briques ou de blocs, appuis de fenêtres.
- Vérification de l’évacuation des eaux pluviales (gouttières, descentes, regards…).
5.3 Condensation et humidité intérieure
- Installation ou remise en état d’une VMC adaptée (simple flux, hygroréglable…).
- Aération quotidienne des pièces (5 à 10 minutes matin et soir).
- Limitation du séchage du linge à l’intérieur ou utilisation d’un déshumidificateur.
- Isolation des parois froides (murs, plafonds) pour limiter le phénomène de point de rosée.
5.4 Fuites et dégâts des eaux
- Recherche de fuite (plomberie, évacuation, toiture-terrasse, etc.).
- Réparation par un professionnel, séchage complet, puis reprise des finitions.
- Le cas échéant, déclaration auprès de l’assurance habitation.
Important : traiter uniquement les finitions (peinture, enduit) sans supprimer la cause de l’humidité conduit à une réapparition du problème à court terme.
6. Erreurs fréquentes à éviter
- Peindre directement sur un mur humide avec une peinture « spéciale humidité » sans traiter la cause.
- Supprimer toutes les grilles de ventilation pour « couper le froid ».
- Réaliser un doublage isolant non ventilé devant un mur très humide (risque de pourrissement caché).
- Poser un carrelage ou un revêtement totalement étanche sur un sol très humide sans étude préalable.
7. Quand faut-il s’inquiéter vraiment ?
Signaux d’alerte forts
- Humidité qui monte sur plus d’1 m de hauteur sur plusieurs murs.
- Fissures importantes associées à des taches d’humidité.
- Odeur de moisi très présente dans plusieurs pièces.
- Bois de structure (solivage, charpente) noirci, ramolli ou attaqué par des champignons.
Rôle du professionnel
Le rôle d’une entreprise de bâtiment qualifiée est de :
- Identifier l’origine réelle de l’humidité.
- Évaluer l’impact sur la structure (murs porteurs, planchers…).
- Proposer un traitement durable adapté au type de pathologie.
- Planifier, chiffrer et réaliser les travaux dans les règles de l’art.
Sur des pathologies d’humidité complexes, un rapport écrit avec photos avant/après peut être utile pour le suivi du chantier et pour les assurances.
Conseil pratique Infos Construction
Avant d’engager des travaux lourds ou coûteux, faites réaliser au minimum une visite de diagnostic par un professionnel. Un bon diagnostic dès le départ évite de dépenser de l’argent dans des solutions inefficaces ou provisoires.
Les informations de cette page sont fournies à titre indicatif et général. Chaque bâtiment a ses spécificités : un avis sur place par un professionnel reste indispensable avant tout engagement de travaux.